A)
Toutes les femmes que tu as aimées,
Je les reconnais
Quelque chose dans leurs regards se tait.
Chaque femme que tu as laissée
Seule sur le quai,
Recevra de ma part un bouquet
Il est doux
De se venger
Toutes les femmes que tu as aimées
Je les reconnais
Ton reflet dans leurs cheveux me plaît
Chaque femme que tu as blessée
Je la flatterai
En silence je lécherai ses plaies
Il est doux
De se venger
Toutes les femmes que tu as aimées
M'aiment en secret,
Quel étrange jeu de miroir se crée
Chaque femme que tu as quittée,
Je l'inviterai
À se rendre au grand banquet
Où toutes les femmes qui t'ont aimé,
Ne feront sans se priver,
De ton petit dard dressé,
Qu'une seule et langoureuse bouchée
B)
À l’orée de la berge et du large
l’est une étrange vallée
où languit dans le lit de la vague
un jeune berger
allongé dans les bleus pâturages
il garde sans regarder
ballotés dans les flots sous l’orage
les moutons égarés
si tu gardes à l’intérieur ce qui te guide à l’extérieur
alors vu de l’intérieur
tu ne changes pas
si tu laisses à l’extérieur ceux que tu guides à l’intérieur
alors vu de l’extérieur
ça ne changera pas
doux agneaux effilant leur lainage
aux algues se sont mêlés
et les jours où les brebis sont sages
la mer donne du lait
si tu gardes à l’intérieur ce qui te guide à l’extérieur
alors vu de l’intérieur
tu ne changes pas
si tu laisses à l’extérieur ceux que tu guides à l’intérieur
alors vu de l’extérieur
ça ne changera pas
s’il est là le berger c’est qu’à l’âge
où l’on rejoint les cités
il n’a su trouver fille au village
à marier
tout là-haut sous les cieux de l’alpage
des falaises il s’est jeté
s’il l’a fait pour mes yeux de percale
nul ne saura jamais
si tu gardes à l’intérieur ce qui te guide à l’extérieur
alors vu de l’ intérieur
tu ne changes pas
si tu laisses à l’extérieur ceux que tu guides à l’intérieur
alors vu de l’extérieur
ça ne changera pas
Camille.
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